Classement CMR2 du métaldéhyde et solutions anti-limaces

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Sur le marché des anti-limaces, les règles européennes viennent de changer. En effet, le métaldehyde est désormais classé CMR2.

Les produits anti limaces dont la concentration en méthaldéhyde est supérieure ou égale à 3 % sont dorénavant classés cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR2).

Ce changement pourrait en somme, avoir un impact fort pour les agriculteurs. D’abord au niveau financier, ensuite sur les pratiques de stockage et d’utilisation des anti-limaces.

Il existe toutefois des produits molluscicides sur le marché, qui vont permettre de passer le cap en limitant l’impact de ce changement, nous y reviendrons.

La réglementation  CMR2 change la donne sur le marché des anti-limaces

En mars 2020 l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) a classé, au niveau 2 de toxicité pour la reproduction, les produits présentant une concentration en métaldéhyde supérieure ou égale à 3 %. Il faut dire que jusqu’à présent ils étaient non classés.

Ainsi, à compter du 1er octobre 2021, la plupart des anti-limaces du marché seront considérés CMR2.

Dans ce délai, les firmes productrices devront se mettre en conformité au niveau des étiquetages et la distribution devra s’organiser pour le stockage. Les agriculteurs, quant ’à eux devront opérer une transition dans leurs pratiques de stockage et d’utilisation de molluscicides. Car c’est un fait, désormais, ils vont devoir prendre de nouvelles orientations dans le choix de leurs spécialités.

Les bonnes pratiques anti-limaces deviennent incontournables

L’enjeu lié aux Bonnes pratiques anti-limaces devient fondamental.

La démarche « Zéro dans l’eau » à laquelle adhère DE SANGOSSE via CIBLAGE, propose un guide opérationnel pour réussir le changement. En particulier concernant le stockage des produits.

Ainsi, Pierre Olçomendy, chef marché anti-limaces  précise :

« Le classement en CMR 2 nécessite un stockage des produits dans une zone spécifique du local phytosanitaire, séparés des autres spécialités».

Les produits CMR2 sont soumis à la redevance pour pollution diffuse (RPD)

« Le métaldéhyde devrait faire son entrée sur la liste des substances soumises à la RPD en décembre 2020, précise Pierre Olçomendy, qui a simulé l’impact financier pour les agriculteurs. Avec un supplément à payer estimé aujourd’hui à 9 €/kg de substance active, cela représenterait donc 0,45 €/kg d’anti-limaces pour un produit affichant une concentration de 5 % de métaldéhyde. À une dose de 4 kg/ha, la RPD s’élèverait à 1,80 €/ha. Ainsi, un produit dont le coût actuel se situe autour de 13 €/ha, passerait à environ 15 € / ha, soit une hausse non négligeable. »

Le délai d’entrée des personnes dans la parcelle après traitement pourrait s’allonger

Il pourrait passer à 48 h, au lieu de 6 h aujourd’hui. Ensuite, si c’est un salarié qui effectue les traitements, l’exploitant doit l’informer qu’il utilise des produits classés CMR 2. Il doit également mettre à jour l’évaluation des risques consignée dans le Document unique. Enfin, l’employeur doit aussi essayer de remplacer les produits CMR par d’autres moins dangereux. La prévention de ce risque d’exposition relève du Code du travail articles R. 4412-59 à R. 4412-93.

Il existe des solutions pour rester performants

Des pratiques agronomiques et des outils de veille pour anticiper

Afin de garder toute la performance de leurs traitements, les agriculteurs peuvent ainsi :

S’orienter vers des pratiques agronomiques qui limiteront la pression limace (déchaumages superficiels, levée rapide de la culture…).

Utiliser des outils d’aide à la décision afin d’évaluer au plus près la présence et le nombre de limaces dans les parcelles. L’Observatoire DE SANGOSSE et le Club CIBLAGE sont des outils de veille incontournables pour raisonner les stratégies de lutte.

Le choix de METAREX DUO pour lutter efficacement en cas de pression

Enfin, des produits non classés dont la concentration en métaldéhyde est inférieure à 3 % sont déjà en marché. METAREX DUO, lancé en 2019, composé de 1 % de métaldéhyde et de 1,62 % de phosphate ferrique prend le relai du METAREX INO historique.

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Les solutions de biocontrôle, à base de phosphate ferrique, constituent une alternative

«  IRONMAX MG, avec des granulés plus petits qu’IRONMAX PRO pour un meilleur mélange avec les semences, remplacera petit à petit Magisem Protec à 4 % de métaldéhyde dont nous allons arrêter la production. Nous nous dirigeons désormais uniquement vers des produits non classés », précise Pierre Olçomendy.

Ainsi, la part du biocontrôle, qui représente aujourd’hui environ 15 % du marché des anti-limaces en France (contre 85 % pour les conventionnels à base de métaldéhyde), devrait sûrement augmenter.

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En conclusion on peut dire que la décision Européenne de classer CMR2 les produits anti-limaces ayant concentration en métaldéhyde supérieure ou égale à 3 % change la donne.

Il existe toutefois des solutions pour préserver la performance des stratégies de lutte anti-limaces.