Anti-limaces: des effets non avérés sur les auxiliaires

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La problématique de l’action des substances actives sur la faune auxiliaire se pose régulièrement.  A cet égard, l’anti-limaces n’échappe pas aux questionnements. A la lumière des expérimentations menées sur le métaldéhyde et le phosphate ferrique, on ne constate pas d’effets négatifs.  Arnaud Lagriffoul, responsable agriculture durable De Sangosse nous apporte son éclairage.

Avant toute chose il faut dire que la nocivité du méthiocarbe entretient la suspicion sur les anti-limaces. Désormais interdit, son action néfaste vis-à-vis de la faune auxiliaire a marqué les esprits. Toutefois, des essais montrent que  le métaldéhyde et le phosphate ferrique, n’ont eux, pas d’effets nuisibles. A tel point que les vers-de-terre, carabes ou encore petits gibiers ne subissent aucune conséquence. Cette innocuité pour les organismes non-cibles est de toute façon un préalable à la mise en marché des produits anti-limaces.

La banalisation du “granulé bleu” crée la confusion

Il faut dire qu’« Un granulé bleu reste un granulé bleu. L’héritage lié à la nocivité du méthiocarbe est encore bien présent. A ce sujet il faut répondre par la preuve à toutes les interrogations. En premier lieu,  sur l’éventualité de l’impact des anti-limaces sur la faune auxiliaire et organismes non cibles». Pour apporter des réponses, les metteurs en marché s’appuient sur des essais réalisés dans le cadre de l’homologation des produits. A cela s’ajoutent des études menées sur le terrain par des groupements techniques ou encore des organismes de recherche.

Un Observatoire Oiseaux pour lever les doutes

« Dans ce cadre nous nous sommes notamment concentrés sur les oiseaux », explique le responsable. Ainsi donc, en 2014, un bureau d’étude a effectué des tests sur les moineaux domestiques en conditions semi-contrôlées.

Une consommation surveillée en volière

« Une vingtaine d’individus ont été acclimatés dans une volière. Ils ont privés de nourriture pendant plusieurs jours. Ils ont ensuite été exposés à un parterre de granulés d’anti-limaces (à une dose équivalente à 5kg/ha). Aucune mortalité, ni comportement anormal n’ont été observés. De plus, 95% des individus n’ont pas ingéré un seul granulé. Cette étude montre donc que les granulés d’anti-limaces ne sont pas appétents pour les moineaux ».

De même, l’ONCFS a réalisé ce type d’essais dans le cadre du réseau Sagir  .  A cette fin, les tests ont été faits avec des perdrix grises et les constats sont identiques. Même en cas de sévère disette, aucun granulé n’a été consommé.

Un réseau d’agriculteurs en situation réelle pour élargir l’observation

En complément, d’autres expérimentations ont été menées sur  285 exploitations agricoles entre  2011 et 2013. « Dans ces essais, 196 parcelles étaient concernées par 1 ou 2 traitements anti-limaces en plein ou en mélange à la semence. Grâce à l’appui du bureau d’étude, les agriculteurs avaient en charge de faire les observations sur diverses espèces. En particulier alouettes, corbeaux, corneilles, étourneaux, perdrix grises et pigeons ramiers. À l’issue de cette expérience, aucun cadavre d’animal n’a été relevé » , indique le responsable.

Au champ l’observation s’avère concluante

L’ONCFS a de son côté fait des suivis de mortalité au champ des perdrix sur la campagne 2007-2008. Il s’avère, après autopsie et analyse des cadavres collectés, qu’aucune mortalité n’est attribuée aux anti-limaces. Des conclusions identiques ont été tirées des opérations de toxicovigilance sur le colza et le maïs, tout au long du cycle des cultures.

Perdrix grise. Famille des Phasianidés. Ordre : Galliformes

Finalement, des conclusions rassurantes

Arnaud Lagriffoul est clair.« L’ensemble des études dont nous disposons amène à des conclusions plutôt rassurantes. Les rares cas d’effets délétères des produits sur les organismes non-cibles sont accidentels. Il semble qu’ils relèvent d’avantage des mauvaises pratiques de l’utilisateur. Le cas d’un sac de produits qui se perce par exemple. Cet incident entraîne l’accumulation d’une très grande quantité d’anti-limace à un endroit donné ».

Faune et biodiversité du sol sont préservées

Certes, oiseaux et petits mammifères font partis de l’agrosystème, mais qu’en est il des insectes? Examinons notamment les vers  de terre et les carabes.

La Chambre d’Agriculture du Finistère a conduit des essais

Jean-Philippe Turlin, conseiller agronomique à la chambre d’agriculture du Finistère conduit depuis 5 ans des essais avec des agriculteurs. Ces derniers sont investis dans les techniques de semis direct sous couverts. « Notre démarche a été de nous intéresser à la vie du sol. Notamment  en quantifiant les populations de ver-de-terre et de carabes dans nos systèmes. Nous avons utilisé des méthodes de piégeage Inra. En premier lieu, des pièges moutarde pour les vers-de-terre. En second lieu des piège Barber pour les carabes. Nous avons effectué les relevés et comparé nos résultats avec des parcelles témoin labourées.

Ses résultats d’observations sont sans appel

“Les résultats sont sans appel. En effet, globalement, la population de vers-de terre est d’environ 150/m² dans les parcelles du réseau. On dénombre en comparaison une moyenne 20 individus/m² dans le reste de l’hexagone. Même constant pour les carabes. Il y a 10 fois plus d’individus dans nos systèmes et une plus grande diversité d’espèces.”

Les anti-limaces actuels ne semblent pas nuisibles à la faune auxiliaire

“La question de l’impact des anti-limaces s’est au fur et mesure imposée à nous. Nous avons donc fait plusieurs prélèvements après application des produits. Nous avions constaté à l’époque, un effet délétère des produits à base de méthiocarbe sur ces populations. En revanche, aucun impact significatif n’a été observé avec les solutions à base de métaldéhyde ou de phosphate ferrique », détaille le conseiller.

Les solutions anti-limaces actuelles ne présentent pas de nocivité avérée

En conclusion, les solutions aujourd’hui disponibles sur le marché ne semblent pas être nuisibles aux populations auxiliaires. En préalable, il est nécessaire aussi de rappeler que les bonnes pratiques d’usage doivent être respectées pour prévenir les éventuels accidents.

Les carabes sont des alliés à préserver

Les carabes sont bien connus pour leur prédation sur les populations de limaces.

Ce sont des alliés a prendre en compte pour anticiper la lutte anti-limaces

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