Caractériser l’activité des limaces en surface

Pour quelles raisons faut-il s’en préoccuper ?

Caractériser cette présence du ravageur est capital car :

C’est bien en surface que les limaces commettent les plus importants et les plus coûteux dégâts aux cultures, qu’il s’agisse des dommages causés aux plantules (colza, céréales, etc…), aux fruits (fraises, etc…) ou aux légumes (choux, salades etc…).

Observer les limaces en surface est facile et c’est le seul moyen relativement pratique de se faire une idée de leur population. En les dénombrant, on cerne mieux le niveau de risque auquel la culture va être exposée. Ainsi averti, l’agriculteur peut décider de mettre en œuvre des moyens de lutte alternatifs (avant semis).

d’info

Surtout ces observations renseignent le praticien sur la nécessité de réaliser une application de granulés .. ou pas ! Le dénombrement donne une information complémentaire en aidant à déterminer la dose de produit à appliquer. En effet, compte tenu du mode de fonctionnement par ingestion des granulés anti-limaces, plus les limaces sont nombreuses, plus la dose (en kilo pas en nombre de granulés !) doit être élevée (et inversement).

Qu’est-ce qui détermine cette activité ?

L’activité de surface des limaces dépend de plusieurs facteurs.

Facteurs agronomiques

Il y a quelques années, l’ACTA et les Instituts Techniques Français ont conduit de nombreux travaux de terrain destinés à identifier les principaux critères agronomiques expliquant le « risque-limace »: leurs observations ont permis de classer et de quantifier chacun de ces paramètres.
Le tableau ci-contre permet d’estimer, à l’échelle de la parcelle, le niveau de risque auquel la culture est exposée.

d’info – évaluer le risque d’une parcelle

Population totale de limaces

Dans un sol, on peut rencontrer des limaces à tous les stades de leur développement : œuf, juvénile et adulte. Mais leur nombre varie énormément d’une parcelle à l’autre et d’une année sur l’autre assez indépendamment des aspects agronomiques.
En fin d’été, ce nombre dépend directement du stock constitué à la fin de l’automne précédent et des conditions climatiques plus ou moins favorables constatées au cours des mois écoulés.
Pour donner une idée, il faut savoir que la quantité de limaces contenues dans un mètre carré et sur 30 cm de sol peut aller de quelques dizaines à plus d’un millier!
Les dénombrements exhaustifs restent cependant un exercice très difficile.

Conditions climatiques

Elles sont décisives dans le niveau des populations mais aussi dans l’expression du risque. Les limaces seront d’autant plus enclines à se presser en surface que le sol sera humide, l’humidité relative de l’air élevée et les températures comprises entre 5°C et 20°C.

Dommages causés aux cultures

Dommages causés aux cultures

Les limaces et les escargots sont à redouter chaque fois que sont réunies : des populations significatives, des conditions climatiques favorables et une culture à un stade sensible.

Comment procéder ?

Quels que soient la méthode et le matériel utilisés, il faut se souvenir que les limaces sont essentiellement nocturnes, qu’elles fuient le rayonnement solaire et le vent. Et lorsqu’on souhaite établir des comparaisons ou dégager des tendances, il faut suivre le même protocole et utiliser les mêmes matériels.

Observations indirectes

Avant le semis

Les repousses du précédent ou les adventices peuvent présenter des traces de morsures caractéristiques. Sur le sol lui-même, on peut aussi observer des traces de mucus.

Après la levée

Les cultures endommagées révèlent aussi la présence du ravageur. C’est une méthode parfois utilisée dans le cadre des Bulletins de Santé du Végétal (BSV). Elle présente le gros inconvénient de se limiter à un constat tardif qui laisse le producteur et le prescripteur totalement démunis.

Observations directes

A l’œil nu

Lorsque l’humidité est au rendez-vous, il suffit de se rendre dans les parcelles à la tombée de la nuit ou au petit matin (avant le lever du soleil si possible) pour savoir si le ravageur est bien au rendez-vous.
Cette observation est relativement simple à conduire et renseigne utilement l’agriculteur même si elle reste très subjective.

Avec différents matériels

De vieux sacs d’engrais (plastique ou jute), des planches en bois, du carton etc. :  les moyens d’intercepter les limaces (avant qu’elles ne redisparaissent dans le sol) sont assez nombreux. Ils sont relativement efficaces.
Mais ils ne permettent pas de quantifier le nombre d’individus et n’autorisent pas les comparaisons.

Avec des pièges dédiés à cet usage

Description

Gérard HOMMAY (INRA 1994) a imaginé les premiers tapis de sol répondant à la définition suivante : «  Aquanappe (moquette imputrescible) entre une feuille d’aluminium jouant le rôle d’isolant thermique et un film plastique microperforé sur face inférieure ».
Il s’agit de faire en sorte que les conditions créées sous le piège incitent les limaces à y rester, prolongeant donc leur séjour en surface, afin de pouvoir les observer, les compter, les identifier, évaluer leur stade, etc.

Leur taille est standardisée: 50cm par 50cm soit ¼ de m². Le suivi de 4 pièges conduit à donc à des estimations de populations par mètre carré.

Vue en coupe d'un piège de limace

Vue en coupe d’un piège de limace

Couche supérieure : Elle permet d’éviter que le piège ne se dessèche trop vite.
Couche intérieure : Elle se charge en eau lorsqu’on met le piège à tremper avant de le déposer au sol.
Couche inférieure : Elle permet à l’eau contenue dans le piège de s’évacuer lentement pour créer un milieu humide favorable aux limaces sous le piège.

Leur capacité à réfléchir le rayonnement solaire varie beaucoup en fonction de l’épaisseur et la nature de l’aluminium. De même, leur capacité à rester humide dépend des performances de la couche intermédiaire.

d’infos – fiche kit de piégeage

Utilisation


Suivi de l’activité des limaces : les Bonnes Pratiques Agricoles.

 

Les caractéristiques de ces tapis de sol sont très importantes mais la façon de les mettre en œuvre est déterminante. DE SANGOSSE a mis au point un protocole précis qui minimise les risques d’erreur et évite les mauvaises interprétations.
Ces pièges peuvent être utilisés dans toutes les cultures et à toute époque de l’année, en fonction des objectifs poursuivis. Ils ont une longue durée de vie à condition de les remiser l’hiver après nettoyage. On peut se les procurer chez tous les distributeurs commercialisant les produits DE SANGOSSE.

Ils fonctionnent avec toutes les espèces agricoles rencontrées en Europe. Ils sont en revanche peu efficaces quand il s’agit de monitorer les escargots. Attention tout travail du sol peut retarder la présence apparente des limaces en surface.

d’infos – Protocole de piégeage